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Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /2008 07:25
Il est temps de se pencher sur  un premier thème.

Si je prends la plume -  que les matérialistes acharnés râlent, je considère que tout Ecrit est encore plume, je suis de cette génération qui ne fait plus trop la différence - c'est que je veux etre lu. Ca c'est basique.
Il pourrait y avoir plusieurs raisons à cela:
- l'orgeuil, pour qu'on puisse me dire "comme tu écris bien" et que je me sente flatté. Meme si je ne suis pas un grand réaliste de la vie, je sais que je  n'ai pas de pas de talent écrit. ce n'est donc pas ca.
- le sentiment de supériorité intellectuelle. "Je Sais mieux que les autres, donc lisez moi". La encore, c'est pas ca. je suis du type égalitariste. j'ai beaucoup de mal à concevoir la supériorité intellectuelle. Certes je pense que Sartre ou Deng Xiaoping étaient des esprits "géniaux",  mais ca n'arrive pas à faire sens dans ma tête: si tous les hommes sont égaux, alors il ne peut pas y avoir de supériorité intellectuelle "génétique". alors comment expliquer leurs Oeuvres? je n'en sais rien. enfin la n'est pas le propos du jour.

Non, le propos du jour, c'est que si je j'écris pour etre lu, c'est parce que je pense que  mes pensées sont partagées par d'autres, par tous, si ces pensées touchent à l'Abstrait. Enfin ce n'est pas qu'elles sont partagées, ce sont les problématiques, les Questions, qui, je crois, sont partagées par tous. En gros, la Vie, la Mort, l'Après, l'Origine, le Mimétisme, sont des questions qui me reviennent à l'Esprit constamment. Or je considère que l'Homme est Universel. Ces questions reviennent donc à l'Esprit de Tous, de chacun, à différentes échelles. 

Donc quand j'écris,  j'espère trouver du répondant, du débat, de la confrontation, face à mon opinion - cette fois personnel- sur des questions universelles.

En effet, comment avoir une confrontation sinon? Où parler de cela à part ici? Je suis en Chine, perdu dans Pékin , avec qui en parler ? vous, chers collègues de la CCIFC ?  non, on travaille ensemble,  j'peux pas. Vous mes amis ? vous etes loin et je préfère demander comment vous aller plutot que ce que vous pensez de la Création lors de nos quelques minutes de communication par  trimestre.


Ce qui me turlupine beaucoup, notamment depuis mon débat sur le thème avec mon père, est justement l'Universalité, ou la question: "y a t il des absolus moraux ?"

j'en suis convaincu. Si je prends la Chine, est ce que je pense que la Démocratie est un absolu moral, qui , à ce Titre, doit être mis en place ici  ? Oui. Mais n'est ce pas la un préjugé occidental que de vouloir à tout prix exporter la Démocratie ? Non, car la Démocratie est un absolu, une Idée au sens antique, une Pureté même.

Que pensez de la Démocratie en Chine ? nous sommes tous d'accord qu'elle n'existe pas. la question est, est-elle souhaitable?

La Démocratie est-elle souhaitable en Chine?  C'est discutable si on ne pense pas la Démocratie comme une obligation. En effet, le gouvernement actuel a à son tableau de chasse: 9% de croissance annuelle sur les 20 dernières années,  une image internationale nouvelle, des villes sécurisées au maximum etc...
Une amie, Yuying, me disait un jour au restaurant "je ne vous comprends pas, vous occidentaux, quand vous critiquez le gouvernement chinois en même temps que vous appréciez tant ne pas avoir peur quand vous rentrer à 2h du matin, à pied, seul, dans n'importe quel quartier de Pékin".
Good point.
Qu'est ce que je peux répondre à ca ? Que la Démocratie est un absolu moral. Bon ca devient lourd la, va falloir que je m'explique avant qu'on me prenne pour un évangéliste platonnien.

Ce qui est essentiel à un Homme, pour atteindre le bohneur, c'est la Liberté. C'est à dire le Choix. le choix de lire un journal conservateur comme Le Figaro ou de lire un condensé de gauchisme dans Charlie Hebdo. C'est de choisir d'être avec une personne du même sexe et de pouvoir sortir dans la rue avec elle sans rencontrer d'hostilité. C'est pouvoir avoir la double nationalité française et chinoise, c'est pouvoir, quand je suis de nationalité chinoise, aller en vacances 3 semaines en Guadeloupe sans qu'on me refuse mon visa. C'est Voter évidemment, dans le sens de choisir celui qui, là haut, décide de l'avenir de mon pays, de mon peuple, de ma communauté.

Ces Choix sont essentiels pour construire ma personnalité, et ainsi Être ce que je veux Être, et non pas ce que je me trouve Être, par les actions d'Autrui.

Dans cette quête de la Liberté, qui est toujours une quête, une tension vers demain où l'on espère atteindre la Liberté sans jamais la réaliser, Oui la Démocratie est une obligation. Car elle est le pire régime du monde, à l'exception de tous les autres. Elle est ce qui permet le Choix en politique, le seul régime qui le permet.

Est-ce que je parle de la Démocratie française  ou américaine ? Oui, mais aussi de la démocratie Suisse où certains cantons votent tous ensemble sur la place du village une fois tous les X temps.
C'est l'Idee de Démocratie qui est un absolu moral, pas sa traduction en sytème politique, qui là, est propre à une culture.

La Démocratie est Bien en tout temps et tout lieu. Bien au sens moral, bien contre Mal. La situation actuelle en Chine, elle n'est pas "non-optimal", elle n'est pas imparfaite, non, elle est Mal, moralement inacceptable parce qu'elle empêche 1 milliard 300 millions de personnes de se réaliser en tant qu'Homme.
Pourquoi ne parle-t-on plus de Bien et de Mal aujourd'hui ? Pourquoi faudrait-il que je sois croyant pour que cela est un sens ?

Ce post fait surement de moi quelqu'un qui ne respecte pas, à vos yeux,  la différence culturelle, qui ne sais pas penser un système différent, qui est un néo-colon à coup de démocratie. Si tel est le cas, démontrez le moi car je ne vois pas en quoi.

Il y a aussi la question du Bohneur en Chine. Les chinois sont-ils heureux "comme ils sont" ? Suis-je en mesure de juger cela ? Comment me faire Juge d'une culture qui n'est pas mienne et vouloir la changer ? Je n'ai pas de réponse à ces  questions, je sais juste que je me fais Juge et que je veux changer ce régime, parce qu'il est Mauvais.
Je parle comme un catholique a qui on demande "mais qu'y avait-il avant Dieu", et qui répond "Dieu est, et a toujours été". C'est assez perturbant.

Prochains articles: "Incompris", notre Violence, Génération, Vérité et la Révolution. Enfin je pense.
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Commentaires

Je pense qu'il faut introduire une précision : nous ne vivons plus seulement dans une démocratie comme les Anciens la définissaient, mais dans une démocratie libérale, au sens premier du terme, construite grâce aux apports des philosophes et politiciens à partir du XVIIIe siècle. C'est là toute la différence entre la démocratie chinoise et les démocraties occidentales qui garantissent aux citoyens non seulement un certain fonctionnement à l'Etat, mais aussi certains droits et libertés, considérés comme fondamentaux par la pensée politique occidentale. Ca a un sens, ce que je viens de dire? Merci, JD pour ton blog!
Commentaire n°1 posté par Julia le 10/01/2008 à 21h24
Oui ca a un sens, mais justement je ne considère pas qu'il y ai une telle chose que la démocratie chinosie et la démocratie occidentale: je pense qu'il y La Démocratie. après, en occident, nous parlons de démocratie libérale, mais je ne sais ce que tu mets dans cette expression la; toute démocratie est libérale, puis qu'elle le régime qui permet l'expression de la liberté de l'individu au travers de son choix de régime.
La encore, je ne pense pas que les principes que la Démocratie en tant qu'Idée grantisse des droits "considérés comme fondamentaux" en un temps et lieu donné. La Démocratie garantie ou plutot devrait garantir les droits qui sont essentiels à l'Homme et ce en tout temps et tout lieu. J'ai pas di que tout ces droits étaient garantie lol mais je pense à la garantie de la Liberté, de l'Egalité, de la Propriété (souvenons nous du réel fronton des mairies de 1789 qui n'était pas Liberté Egalité Fraternité comme on nous le ressort aujourd'hui, mais bien les trois  droits fondamentaux suscités).
le probleme de Droits fondamentaux  propre à une culture, comme tu le dis, est qu'on retombe dans cette politique du "ne pas juger". comment arguer que la liberté des femmes est essentielles et doit etre absolue au Moyen Orient si les droits sont propres à une culture et que donc on ne peut pas juger puisqu'au fond, si ce n'est pas un droit que eux reconnaissent comme fondamental, ce n'est pas un souci  et l'Egypte reste classée dans le camp des Démocraties  ?
toi Julia, tu vois ce que je veux dire ou pas ?
Réponse de Jean-Daniel le 11/01/2008 à 17h39
Je suis entièrement d'accord avec l’idée que la Démocratie, en tant que concept, est un idéal à défendre. Pourtant je ne peux m’empêcher de penser également, pour le bien des valeurs qu’elle incarne, qu’elle ne devrait pas l’être. Le problème, à mon humble avis, est que l’on ne peut considérer la Démocratie comme une entité totalement abstraite qui surplomberait les hommes. En premier lieu parce que cela se résumerait à lui nier sa fonction première qui est d’être au service des hommes, afin qu’il puissent vivre en harmonie tout en poursuivant leurs propres désirs, et non l’inverse, c’est à dire pousser les hommes à s’organiser d’une telle sorte que l’idéal démocratique puisse vivre, ce qui bien souvent n’aboutit qu’à une version boîteuse bien éloignée du modèle initial. En outre, appréhender la Démocratie de cette manière est oublier que bien des tentatives ont été faites pour la voir s’incarner dans une société. Je pense qu’on ne peut continuer de considérer la question en séparant d’un côté l’idéal et de l’autre les tentatives car, selon moi, les erreurs ou succès dans la réalisation démocratique influencent la perception même que nous avons de l’idéal démocratique. Le Communisme était la plus belle des utopies, pourtant personne ne peut dorénavant se targuer d’en vanter les vertues sans que l’on lui jette immédiatement sur les épaules le poids de l’Histoire. Peut-être faudrait-il imaginer (le dire reste plus facile que le faire, je sais…) une nouvelle utopie qui saurait reprendre ce qui rend la Démocratie attrayante à nos yeux, tout en évitant, comme celle-ci, d’être entachée par le passé. J’avoue que je n’ai aucune idée de ce que ce nouvel idéal pourrait être, cependant il me semble que c’est justement là que réside tout son intérêt. Cela me fait penser à cette discussion que nous avions eu à propos de la structure du parti politique. Nous étions d’accord pour la déclarer obsolète, sans pour autant savoir ce qui pouvait la remplacer. On pourrait objecter que c’est la démocratie, sensible, tangible, celle que nous expérimentons tous les jours en nous promenant simplement dans la rue, qui nous permet d’avoir le choix de transporter plus loin encore les principes et valeurs que sa sœur au grand D défend. C’est en effet en grande partie grâce à la Démocratie elle-même que l’on peut avoir le loisir d’en discuter. Dès lors peut-il y’avoir plus bel idéal que celui qui autorise sa propre critique ? Je répondrais alors que cela ne se résume qu’à mettre en lumière une contradiction inscrite dans les gènes de la Démocratie depuis sa création. Si cette dernière donne véritablement le choix à chacun, alors chacun peut faire le choix de ne pas la respecter, de prêcher un autre idéal, pourquoi pas emprunt de despotisme et de perversité. Cela ne serait que justice puisque la Démocratie lui permet. Il semble alors que la Démocratie n’est d’autre choix, pour sa propre survie, d’exercer un soupçon de tyrannie, ce qui en revient à signer son propre arrêt de mort. On en revient donc, je pense, au point de départ. La question ne réside pas tant dans la forme que prendra la vie en communauté entre les hommes, que dans les hommes lui-mêmes, et séparer les idéaux de leurs applications concrètes semble s’apparenter à une vision dictatoriale de l’idéal sur son géniteur. Je ne suis pas vraiment sûr que tout ce qui précède soit très limpide, ni même digne d’un grand intérêt. Néanmoins ce sont les quelques tropismes qui me traversaient l’esprit en cette heure tardive (il est plus d’1h du mat’ par chez nous). J’espère bien que tu vas continuer ton blog Jidouille.
Commentaire n°2 posté par Olivier le 13/01/2008 à 07h10
Cher Olive, merci de ton post et désolé de ne pas y avoir réagit avant, j'avais pas vu ! c'est vraiment écris petit la ligne "commentaire" , va falloir qye j'y remédie. Je partage une bonne partie de ta remarque sur le caractère dictatoriale de mon propos ou plutot de la Démocratie comme absolu moral. Par contre, y a des endoits ou je ne te suis pas, soit par méconpréhension soit par erreur intellectuel. Je ne considère pas que le communisme était une tentative raté d'idéal démocratique, car je ne pense pas le Communisme comme étant Démocratique. Il repose sur l'idée d'une avant-garde élcairée, et rompt donc ainsi le principe d'égalité qu'il croit incarné, et se sépare donc à ce point de ce qu'est une Démocratie. Je suis d'accord que la Démocratie est en taché par le Passé, mais j'ai du mal à la croire dépassable, au sens de lui inventer un successeur utopique. Depuis Platon, la Démocratie existe, a été expérimenté, s'est terminé dans le sang, est renée de ses cendres, a échoué de nouveau, est revenu dans la lumière etc etc... comment explique que la Démocratie soit ce Phoenix idéel si ce n'est en lui conférant une perfection intellectuelle qui nous pousse à la rappeller, tous les 100 ans, après quelques dictatures, après le communisme, après l'anarchisme, et j'espère après Mao ? Je vais aller me coucher, mais avant, merci de ton post et d'exposer ici ta plume qui est décidément la plus fine que je connaisse.
Commentaire n°3 posté par Jd le 20/01/2008 à 16h20
Salut JD, A mon tour d'amener ma petite contribution. Avant toute chose, je me permets de dire qui'il est relativement dangereux de trop lier démocratie et bonheur. A partir du moment où la politique cherche à fixer ou amener le bonheur, on s'oriente nécessairement vers la négation de la liberté. C'est pour cela que je te rejoins sur l'idée que ce qu'il y a au coeur de la liberté comme bonheur, c'est le choix. Mais j'affinerais ce constat avec l'idée que ce qui est essentiel dans cette quête de solution à la liberté des hommes qui motive toute vision démocratique, c'est avant tout la POSSIBILITE de choisir et non le choix en lui même. Cette distinciton à énormément d'importance car ce qui a été dit avant négligeait, à mon sens, le fait que tous les êtres humains n'ont pas la volonté ou encore la capacité de faire les choix qui vont permettre de dire qu'un homme à transcendé sa condition d'animal et qu'il peut se considérer comme libre. Au coeur de la démocratie donc, il y a la possibilité de choisir sa condition ou de se la laisser imposer. La liberté la plus importante, tu l'as dit, est celle du choix, mais le plus absolu des choix est celui de choisir ou de ne pas choisir. Ce qui me pousse à faire cette précision c'est le fait que je pense que l'émancipation ne peut malheureusement se limiter qu'à une minorité. L'émancipation de la masse n'existe pas. L'échec du communisme l'a montré. L'envergure de nos sociétés nécessite malheureusement un répartition sociale. Aussi triste que ce soit, je pense qu'il faut accepter cela. Par contre ce qui est innacceptable, c'est que la répartition soit figée. Et c'est là que la démocratie est Grande et qu'elle constitue, à défaut d'absolu morale, une nécessité humaniste. En intègrant ses contradictions et en fondant son essence sur la conflictualité des rapports humains, elle invite à la mobilité sociale. Elle permet de contrecarrer les rapports de domination naturels en fournissant éducation, encadrement et surtout espoir d'amélioration de sa propre condition. Derrière le mythe du vote par exemple, on retrouve l'idée que chaque individu peut mais surtout doit participer, même symboliquement, à la décision politique et donc qu'il vaut autant que son voisin. En garantissant cette égalité de légitimité, le mythe du vote affirme le droit à l'intervention et à la décision pour la société autant que pour soit. Si j'essayais de m'expliquer différemment, je dirais que la démocratie est le système qui tente de donner à l'homme les moyens de transcender sa condition d'être biologique (nous restons des animaux, que nous soyons nu dans la forêt à la recherche de racine comestible ou alors enchaîner à un caddie dans un supermarché) tout en tenant compte de ces caractéristiques indépassables tels que sa propension à la conflictualité, à la méchanceté, à la jalousie,... A partir de là, la démocratie n'a d'universelle que sa volonté d'offrir aux individus les clés de l'émancipation.
Commentaire n°4 posté par Charles le 20/01/2008 à 17h46
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