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Dimanche 6 janvier 2008
"incompris parce que decris comme quelqu'un d'assez instable, la douleur frappe mais ne fait plus rien passée un stade"

Ceci est une phrase extraite du dernier album de Sinik, rappeur de l'Essone. Avant de commenter et partir de cette phrase, je conseille à toute personne se demandant "mais que pensent les jeunes d'aujourd'hui, je ne comprends pas ce qu'ils ont dans la tête" de l'écouter. L'album est nommé  "le toit du monde", et est un concentré de notre pensée. (je reviendrais dans un article sur le "notre", celui de ce que je considère comme  ma génération,  par la suite)

Je vais cependant sembler très critique envers cette phrase au début.

Le thème de ce soir (il est 22H50 quand j'écris ces lignes, les pieds de ma coloc sur la droite de mon clavier et un diner composé de Cote d'Or dans le ventre) est justement la culture de la Douleur et de l'Incompréhension que l'on retrouve un peu partour.

Incompréhension d'abord. Je trouve extrêmement étrange cette manière que l'on a tous de vouloir être différent, incompréhensible au premier regard d'autrui.
Combien de fois avez-vous entendu quelqu'un vous dire "je suis quelqu'un de compliqué vous savez" ou "je cache bien plus de choses que vous ne pensez"" ou autres phrases de cette trempe ?
Je fais la même chose. Pourquoi donc vouloir être compliqué et surtout insaisissable ? Quelle fierté en tirer, quelle vertu est-ce la ?
René Girard dirait surement que nous voulons ainsi nous différencier pour échapper à la crise mimétique.
Mais ce qui me dérange est la hiérarchie qui bien souvent est masquée derrière cette affirmation de sa différence. Car cette dernière est toujours accompagnée d'un sous-entendu: vous ne pouvez pas me saisir, et c'est en cela je suis un incompris aux yeux d'autrui. Ce qui soutend que je suis soit trop con, soit trop simple pour Comprendre cette personne.

Si l'affirmation de la différence m'intrigue, cette hiérarchie m'énerve tout simplement. A quoi bon être différent si de toute facon seul Freud lui-même pourra percer le mystère de votre personnalité ? Surtout qu'il est mort, pour rappel.
Je pense que cette magnie de la complexité masquée est ce qui pourrit aujourd'hui nos relations affectives. N'est-ce pas parce que vous ne saisissiez pas "toutes les facettes" de votre ex qu'elle vous a largué ou l'inverse ? Car si je suis quelqu'un de compliqué, et que mon compagnon ou ma compagne de réussir pas, en gros dans l'année civile à venir, à ouvrir toutes les portes de mon cerveau si complexe, alors il n'est pas l'Elu, il n'est pas The One.
Le problème est que cette Complexité est un fantasme. Nous ne sommes pas si compliqué que cela, nous voulons seulement l'etre pour nous donner une personnalité que nous ne savons pas définir par ailleurs.
Et donc les couples cassent. Comment découvrir la complexité de quelqu'un qui l'invente en permanence? Sachant que, comme toujours, nous nous immitons, nous sommes, comme notre compagne, quelqu'un de complexe qu'elle ne comprend pas, tout comme je ne la comprends pas .....patatra

Pourquoi ne pas se définir simplement ? Etre saisissable est pour moi une vertu, c'est ainsi que je concois le fait d'être ouvert à ce qui m'entoure et ce qui m'est vraiment différent. Si mon entourage peut me saisir rapidement, alors je pourrais etre accepter, et je pourrais découvrir ce monde différent.

La deuxième partie de la phrase de laquelle je suis partie, "la douleur frappe mais ne fait plus rien passée un stade" me fait penser à une deuxième chose qui m'excède assez fortement: le fait que l'on veuille toujours etre plus malheureux que son voisin.
"J'ai des problèmes sentimentaux" vous dit votre ami, et vous ne pouvez vous empecher, interieurement ou exterieurement de répondre "moi aussi, parmis d'autres". Je suis malheureux à un temps T, toi aussi, mais parce que je suis loin de mes parents, je suis loin de mon pays natal, parce que je suis plus sensilbe, j'ai plus mal que toi et en cela je suis celui que l'on doit consoler. Quelle bétise de l'homme...
Il y a avait de cela dans le débat autour de Dieudonné sur la supériorité de la Douleur qu'on  subit les esclaves comparée à la Shoah.
Y a-t-il une hiérarchie dans la douleur ? Suis-je plus malheureux que mon ami ? Les Juifs ont-ils plus souffert que les Noirs? Est-ce qu'un enfant tué en Russie dans un attentat est plus cruel que tuer 20 policiers à Bagdad?
Pourquoi est-il toujours précisé dans les brêves qu'il y a eu "50 morts dont 12 femmes et 5 enfants de moins de 12 ans"?  Pourquoi toujours mettre en comparaison?

Aider moi la dessus, je comprends pas.

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